Le Maroc figure parmi les économies africaines les mieux positionnées pour bénéficier du nouveau régime chinois d’accès sans droits de douane aux exportations africaines, qui entrera en vigueur le 1er mai, selon une analyse publiée par le média académique The Conversation.
Annoncée en février 2026 par le président chinois Xi Jinping, cette réforme prévoit l’application de droits de douane nuls à 53 pays africains, soit l’ensemble du continent à l’exception d’Eswatini, allié de Taïwan. Elle marque une évolution majeure de la politique commerciale de Pékin, jusqu’ici centrée sur les seuls pays les moins avancés.
Dans ce nouveau contexte, certaines économies africaines disposant déjà d’infrastructures solides et d’un tissu industriel diversifié, comme le Maroc, l’Afrique du Sud et le Kenya, devraient capter une part importante des gains liés à cette ouverture accrue du marché chinois.
« La production destinée à l’exportation pourrait se concentrer dans les pays les plus développés », souligne l’économiste Lauren Johnston, autrice de l’analyse, évoquant un risque de gains inégalement répartis au sein du continent.
Le Maroc, grâce notamment à ses capacités logistiques et à la diversification de son appareil productif, apparaît ainsi en mesure d’accroître ses exportations vers la Chine, dans un contexte de déséquilibre commercial persistant entre Pékin et ses partenaires africains.
En 2025, le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint 348 milliards de dollars, en hausse de 17,7 % sur un an. Mais les exportations africaines vers la Chine, estimées à 123 milliards de dollars (+5,4 %), restent nettement inférieures aux exportations chinoises vers le continent, qui ont atteint 225 milliards de dollars.
Au-delà de la réduction des barrières tarifaires, la réforme chinoise pourrait également favoriser le développement de chaînes de valeur régionales en Afrique, en incitant les pays à coordonner leurs stratégies industrielles et commerciales.
Toutefois, l’impact de ces mesures dépendra en grande partie de la capacité des économies africaines à surmonter des obstacles structurels persistants, notamment en matière d’infrastructures, de normes et de capacités de production à grande échelle.