Guerre d’Iran : le Maroc parmi les pays les plus vulnérables au choc pétrolier, selon Allianz

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18 mars 2026

Le Maroc figure parmi les économies émergentes les plus vulnérables à un choc énergétique majeur en cas de perturbation prolongée du détroit d’Ormuz, aux côtés de plusieurs pays arabes, selon un rapport publié par Allianz Research.

Dans cette analyse consacrée aux conséquences d’une escalade au Moyen-Orient, les économistes alertent sur un risque accru pour les pays combinant dépendance énergétique, déficits extérieurs et marges budgétaires limitées. Le Maroc est explicitement cité dans ce groupe, aux côtés de l’Égypte, de la Jordanie et de la Tunisie, comme particulièrement exposé à un scénario de hausse durable des prix du pétrole.

Selon le rapport, une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz – point de passage clé pour le commerce mondial d’hydrocarbures – pourrait entraîner une dégradation significative de la croissance dans plusieurs économies émergentes. Dans ce scénario, le Maroc, caractérisé par un déficit énergétique structurel et des besoins de financement élevés, verrait sa croissance affectée dans un contexte de pressions inflationnistes accrues.

Le royaume présente en effet un déficit énergétique estimé à environ -5 % du PIB, ainsi qu’un déficit budgétaire et un déficit courant, une configuration qualifiée de “triple déficit” par les auteurs du rapport, qui accentue sa vulnérabilité face à un choc externe.

Plus largement, les économistes estiment que les pays présentant ce profil pourraient subir un ralentissement significatif de leur activité, avec un impact moyen sur la croissance des marchés émergents pouvant atteindre -0,5 point de PIB ou davantage en cas de crise prolongée.

Outre le Maroc, plusieurs économies arabes apparaissent particulièrement exposées. L’Égypte est décrite comme l’un des pays les plus fragiles, avec une forte dépendance énergétique et des déséquilibres macroéconomiques importants. Le dinar égyptien a d’ailleurs déjà enregistré la plus forte dépréciation parmi les devises émergentes depuis le début des tensions, à -9,2 % face au dollar.

La Jordanie et la Tunisie figurent également parmi les pays à risque élevé, en raison de leur dépendance aux importations d’énergie et de leurs contraintes budgétaires. Dans une catégorie proche, des économies comme le Pakistan, le Bangladesh ou le Kenya sont également identifiées comme vulnérables.

À l’inverse, les pays du Golfe apparaissent dans une situation plus contrastée. Si une fermeture du détroit d’Ormuz affecterait fortement leur activité à court terme – avec des pertes de croissance estimées à -1,6 point pour l’Arabie saoudite et -3,3 points pour les Émirats arabes unis en cas de blocage temporaire – leur statut d’exportateurs d’hydrocarbures constitue un amortisseur structurel à moyen terme.

Au niveau global, une perturbation même limitée du détroit d’Ormuz pourrait provoquer une hausse de l’inflation dans les économies émergentes de l’ordre de +0,8 à +1 point, sous l’effet d’un renchérissement des prix de l’énergie.

Les marchés financiers ont déjà commencé à intégrer ce risque. Plusieurs devises émergentes ont reculé, tandis que les rendements obligataires ont augmenté dans les pays les plus exposés. Les banques centrales pourraient être contraintes de maintenir des politiques monétaires restrictives plus longtemps, malgré le ralentissement de la croissance.

Le rapport souligne toutefois que l’impact du choc resterait très hétérogène. Les grands exportateurs de matières premières, comme le Brésil ou le Mexique, devraient mieux résister grâce à leurs recettes énergétiques.

À l’inverse, les économies importatrices d’énergie, en particulier en Afrique du Nord et en Asie, concentreraient l’essentiel des risques. Dans ce contexte, les auteurs anticipent l’émergence d’une “prime de risque énergétique” qui différenciera davantage les marchés émergents en fonction de leur exposition au choc.

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